Né le 3 novembre 1959 à Stockholm, Dolph (Hans) Lundgren se consacre d’abord à ses études.
« À l’époque je voulais imiter mon père et devenir ingénieur. Loin de moi toute pensée concernant le cinéma et le show business en général ». Grâce à une bourse, Dolph quitte son pays en 1977 afin de poursuivre ses études aux USA. Il changera de pays à plusieurs reprises d’où une réputation de citoyen du monde.
C’est sa rencontre avec le professeur d’art dramatique Warren Robertson, disciple de Lee Strasberg (un des fondateurs de l’Actor’s Studio) qui va le pousser à devenir acteur.
Il débute ainsi sur le plateau de
Dangereusement vôtre (dernier James Bond avec Roger Moore, par l’intermédiaire de son flirt du moment, la chanteuse Grace Jones. (dont il fut aussi le garde du corps). Cette participation modeste (une question de secondes) marque les débuts cinématographiques de Dolph. Des débuts qui auraient pu se faire avec
Rambo II, mais Stallone, alors souverain, préféra garder le robuste mais novice scandinave sous le coude pour
Rocky IV et ce malgré les réticences du studio.
D’abord écarté au casting, le suédois s’entraîne avec panache plusieurs mois pour se sculpter un corps de guerrier. Il sera finalement choisi parmi les 5000 postulants.
Sa prestation dans la peau du glacial boxeur soviétique Ivan Drago éclipse totalement son illustre partenaire sur le ring, au point qu’il devienne la principale attraction du film en même temps qu’un grand espoir du cinéma d’action.
Dolph tiendra d’ailleurs à peu près tous les rôles imaginables dans ce registre: plusieurs fois flic (
Dark angel), soldat russe (
Scorpion rouge) ou américain (
Peacekeeper), justicier assoiffé de vengeance (
Punisher), pilote d’avion furtif (
Storm catcher), cyborg (
Universal soldier), tireur d’élite (
Silent trigger) ou garde du corps (
Blackjack).
Souvent en tête d’affiche il parvient aussi à s’illustrer dans des rôles de bad guy (chose que ses collègues, Van damme, Norris, Seagal ou même Stallone n’ont jamais su faire). En témoignent son rôle de GI sadique et traumatisé dans
Universal Soldier où il écrase le célèbre belge par sa présence ou sa prestation d’illuminé mystique dans
Johnny Mnemonic ou il met le fadasse Keanu Reeves à l’amende.
Ceci étant, si le suédois compte parmi sa trentaine de films plusieurs série B forts sympathiques et jouit une renommé internationale, il faut bien dire qu’il est quelque peu passé à coté d’une carrière plus prestigieuse. La plupart de ses films n’ont rencontré qu’un succès d’estime auprès d’un certain public d’amateur de cinéma de genre et hormis avec
Universal soldier, il n’a jamais marqué le box office.
Trop souvent son inexpérience et son manque de flair l’ont poussé dans des projets foireux (Les Maitres de l’univers) ou a collaborer avec des tâcherons dénués de talent et d’ambitions.
D’autres fois les circonstances ont condamné des films dignes d’intérêt au bide (
Red scorpion, vite catalogué comme "
Rambo-like anti-rouge" et sorti trop tard).
La faute aussi à des qualités humaines qui sont autant de défauts dans l’industrie du cinéma. Son humilité et sa loyauté lui ont fait accepter certaines entreprises malgré des conditions déplorables ( budgets sabrés en plein tournage, scénario remanié après la signature du contrat…) là ou d’autres stars moins conciliantes auraient lâché le projet pour rester bankable.
En 2002, alors qu’il vient de traverser une longue période d’insuccès gorgée de produits fauchés destinés à la vidéo, un coup du sort -celui là même qui lui avait toujours été néfaste- va le relancer. Sur le plateau de
The Defender, le croulant Sidney Furie abandonne sa place pour soucis de santé. Dolph surprend son monde en se proposant pour le remplacer.
Finalement, malgré ces aléas,
The Defender
s’avère être un DTV tout à fait recommandable. Le film marche plutôt
bien en vidéo, ce qui va conforter le big guy dans sa nouvelle
perspective : réaliser.
Depuis cet essai, ses compétences se sont affirmés avec
The Mechanik, succès public et critique et
Missionary Man, qui fait rentrer plus de billets verts que les derniers Seagal et Van Damme réunis. De ses films ressortent une vraie générosité, un respect du genre et du spectateur ainsi qu’une aptitude à faire paraître ses budgets plus conséquents qu’ils ne le sont. Autant de qualités qui laissent augurer du meilleur pour la suite…
La suite, c’est d’abord
Direct contact, production Nu image routinière où il n’est qu’acteur et affrontera Michael Paré (
Les Rues de feu), mais surtout le
Command performance qu’il a écrit, réalisé, présenté comme un
« Die hard meet Inside man » et dans lequel il interprète le batteur d’un groupe de rock lors d’un concert qui vire à la prise d’otage. On kiffe déjà...
Anecdotes :
* Dolph Lundgren possède une maîtrise de chimie qui lui permit d’étudier au prestigieux MIT (Masachusetts Institute of Technology).
* Il parle couramment 5 langues : le suédois, l'allemand, l'anglais, le français et le japonais.
* Il a été Champion d'Europe de karaté catégorie poids lourd de 1980 à 1981 et il est actuellement ceinture noir 3e dan.
* Il a été le garde du corps puis le fiancé de la chanteuse Grace Jones.
* Il est l'auteur d'une vidéo de remise en forme parue en 1987, Maximum Potential.
* Il a fondé un groupe de théâtre new-yorkais, le « Group of Eight », en 1994.
* Il a été le capitaine de l'équipe américaine de pentathlon aux Jeux Olympiques d'Atlanta 1996.